Benjamin Bichard est né à Nice en 1982. Il obtient son diplôme à la prestigieuse Villa Arson en 2010.
Après ses études il passe quelques années à Paris et participe notamment au 57e salon de Montrouge (2012) où il est repéré par la galerie Géraldine Banier. Il regagne en 2014 sa ville natale, où il vit et travaille aujourd’hui.

Il choisit d’utiliser des objets usuels et assimilés à de banals produits de notre consommation pour réaliser de nouvelles formes par accumulation, assemblage, torsion, découpage. Ses objets «modulaires» révèlent le pouvoir esthétique de ces acteurs invisibles de notre quotidien.

Benjamin Bichard was born in Nice, France, in 1982. He’s graduated from the famous Villa Arson in 2010.
After his studies he lived few years in Paris and was selected by the 57th Montrouge Salon for the young creation where he was discovered by Geraldine Banier gallery.
In 2014 he came back to his native city, He still lives and works at Nice today.

He has chosen everyday objects, assimilated to our consumption, to realize them into new forms by accumulation, assembly, twisting and cutting. His modular objects reveal the aesthetic power of these invisible actors of our everyday life.

Dans l’esprit de Benjamin Bichard il y a une multitude d’objets oubliés par le monde dont il essaye de garder la trace.
En regardant de plus près les sculptures de l’artiste, ce lustre cristallin et hypnotique, cette fontaine ruisselante, le camouflage se dévoile : des objets.

Des objets bruts et utiles, ceux qu’on ne voit plus parce qu’on en fait l’usage quotidiennement. Ces petits acteurs de nos vies qui à priori n’ont pas de beauté intrinsèque se révèlent pleinement dans les sculptures de l’artiste.
Le lustre est fait de couteaux en plastiques, la fontaine en éponges synthétiques, le garde-corps en cuillères à glace, la dentelle en cales de construction pour béton…

Le leurre visuel se révèle très efficace et force le spectateur à poser le regard sur ces objets qui habitent son quotidien. Issus de la production de masse ils nous rappellent la force de la sérialité mais aussi le temps qui passe, la fragilité de la vie et la précieuse banalité des jours qui s’accumulent. Pour l’artiste « ils sont les témoins les plus intimes des actes de nos vies ». Ces épluchures de crayons recouvrant ce banc, nous rappelle des moments de l’enfance, l’odeur et le bruit du taille-crayon et les mille fois où nous nous sommes débarrassé de ces jolies fleurs abstraites que nous avions produites sans même les observer.

Rentrer dans l’univers de Benjamin Bichard, c’est comme rentrer à la maison, retrouver des moments perdus et éprouver l’absence de ce qui disparaît avec le temps. Comme la chrysalide crée le papillon et disparaît on oublie même jusqu’à l’existence de la chenille qui précédait, et pourtant, c’est de là que découle tout le
reste.
Avec monomanie il accumule les choses « jetables » et les dresse comme des chapelles rendant grâce aux plus insignifiants et éphémères gestes de notre quotidien.

Benjamin Bichard keeps track of a multitude of forgotten and common items and makes them seem “organic” and new. Crude and useful objects, objects for which, due to the fact we use
them daily, we lost sight for, are made anew. Further inspection of his sculptures, like crystal chandelier and dripping fountain erected at the center of a gallery, reveals that, for us, their past forms had no obvious intrinsic beauty, a beauty that comes fully revealed by simple means of camouflage. The fountain sponges are synthetic and the chandelier is made out of plastic knives. The visual illusion is very effective and compels the observers to rethink their views of the objects that inhabit our daily lives. They remind us of negative strength that mass production and serialism exude upon our appreciation for the simplistic beauty of common objects, the fragility of life and invaluable banality of days that accumulate. Bichard rightfully recognizes that those objects witness the most intimate acts of our lives, and breathes in them new values that force us to, once more, appreciate their refinement.

Pencil peelings covering the bench, the smell of ligneous flakes, the sound of a pencil sharpener and abstract flowers we unintentionally made by discarding the wooden shavings, all remind us of our carefree childhoods and delicacy we have so easily forsaken. Accessing Bichard’s world feels as if we are recovering lost time and are filling in the void made by the absence
of adolescent innocence, it dissipates with time and makes us feel like coming home. Just like chrysalis the butterfly leaves behind disappear, we tend to forget the very existence of the tracks that preceded our venture into adulthood that brought with it a complete loss of appreciation for innate beauty that simple, palpable objects radiate.

With an obvious tendency for monomania, the artist accumulates all things disposable and stands at the pulpit giving praise to the beauty of insignificant and ephemeral

Textes & traductions © Gallerie Géraldine Banier